Copie intégrale dans Valeurs Actuelles numéro 4250 du 10 au 16 mai 2018


La machination Soros

Par Raphaël Stainville et Louis de Raguenel / Vendredi 11 mai 2018 à 08:00


















Sous couvert d’altruisme, George Soros est passé maître dans

l’art de désordonner le monde et de faire prospérer ses affaires.


Il est reçu par les grands de ce monde. Nombre de présidents élus lui déroulent le tapis rouge comme s’il était l’un des leurs. Rien d’étonnant pour celui qui confie parfois être « un chef d’État sans État ». À 87 ans, George Soros ne laisse pas d’impressionner. Au dîner annuel qu’il donne à Davos, dans un luxueux hôtel de la station de ski suisse, les patrons se pressent pour écouter ses oracles. En janvier 2018, il étrillait, sans surprise, Donald Trump à qui il prédisait une fin précoce, en même temps qu’il dénonçait les empires de Facebook et de Google, des « monopoles toujours plus puissants » qui pourraient être tentés de se lier à des « régimes autoritaires ».


Génie de la finance pour les uns, spéculateur impénitent, prédateur sans scrupule pour les autres qui se souviennent encore qu’il gagna son premier milliard en pariant contre la livre sterling en 1992, au point d’hériter du surnom de “l’homme qui fit sauter la Banque d’Angleterre”, George Soros suscite autant d’admiration que de crainte alors que ses oeuvres philanthropiques ne rassurent aucunement ceux qui se persuadent qu’il est derrière nombre de désordres du monde. « Je me vois comme Dieu, créateur de toutes choses », explique-t-il dans l’un de ses accès de mégalomanie qui le caractérisent. Lui ne croit ni à Dieu ni à diable. Mais, si la plus grande force du Malin est de faire croire qu’il n’existe pas, beaucoup ont tôt fait de voir en lui un nouveau Belzébuth sous le masque du bienfaiteur prodigue. S’il ne dispose d’aucune armée, George Soros est riche à milliards. Il les utilise, comme autant de missiles balistiques, aussi bien pour ses affaires au travers de son fonds d’investissement, que pour ses activités humanitaires. Le magazine Forbes estime sa fortune personnelle à 8 milliards de dollars après qu’il a transféré l’essentiel de ses avoirs (18 milliards) à Open Society Foundations (OSF), son réseau de fondations, en octobre 2017.


Open Society Foundations, une organisation tentaculaire


Nous avons voulu en savoir davantage sur cet homme, ses milliards, sa galaxie, ses relations, ses desseins, lui que l’on soupçonne d’être à l’oeuvre derrière chaque dérèglement du monde. George Soros fascine, inquiète, dérange. Au point que Donald Trump, Vladimir Poutine, Viktor Orbán et Benyamin Nétanyahou le considèrent tous comme un danger pour la sécurité de leur pays. Il est vrai que le milliardaire d’origine hongroise, après avoir contribué à la campagne de Hillary Clinton (7 millions de dollars) et perdu des millions au lendemain de la victoire de Donald Trump en pariant sur une chute de la Bourse de New York, ne cache pas qu’il veut « démolir » le président des États- Unis, téléguidant les mouvements d’opposition et les manifestations anti-Trump. Chantre d’une “société ouverte” et sans frontières, chère au philosophe Karl Popper dont il fut le disciple, George Soros n’hésite pas à s’inviter dans les débats nationaux sans craindre qu’on lui reproche son ingérence. En février, il provoquait la colère du Premier ministre israélien qui l’accusait de manipuler les manifestations contre le programme de contrôle des migrants mis en place en Israël.


Pendant plusieurs semaines, nous avons enquêté, rencontré d’anciens collaborateurs d’OSF, organisation tentaculaire, présente à travers une myriade d’ONG dans plus de 100 pays. Incontestablement, l’homme aime tirer les ficelles de la politique mondiale. Sa force ? Identifier l’état des forces sociales d’un pays, pour mieux l’attaquer sur ses failles, avec la précision d’un prédateur qui fond sur sa proie. De la même manière que le financier dispose de précieuses portes d’entrée dans les nombreuses entreprises cotées en Bourse où il possède de discrètes participations, de 1 ou 2 % du capital, qui lui permettent d’accéder à des informations privilégiées, le philanthrope s’invite dans des associations, comme autant de chevaux de Troie pour déployer sa philosophie. Avec beaucoup d’habileté, George Soros est parvenu en quelques années à imposer sa vision d’open society à bien des démocraties. En Europe, il a l’oreille de nombreux dirigeants. Un soft power d’une redoutable efficacité qu’il exerce en promouvant officiellement les droits de l’homme, la liberté de l’individu, la justice sociale, la lutte contre le réchauffement climatique, la gouvernance démocratique…


Si l’organisation OSF affiche toujours de bons sentiments, en ayant financé par exemple la bourse d’étudiants noirs d’Afrique du Sud, les études de jeunes d’Europe de l’Est condamnés à apprendre les théories marxistes ou encore des fondations humanitaires sur le territoire de l’ex-Yougoslavie (des dizaines de millions de dollars à partir de 1993), il apparaît très rapidement qu’elle finance aussi, de manière sournoise et opaque, des associations qui militent pour la suppression des frontières, l’arrivée massive de migrants, la promotion de l’euthanasie, la dépénalisation de la drogue, la démocratisation de l’avortement.


William Bourdon, avocat des djihadistes et ami zélé de Soros


Depuis le début des années 2000, George Soros et OSF s’engouffrent à corps perdu dans la dénonciation de la corruption et la défense des droits de l’homme. « Derrière cet objectif louable, une ambition à peine cachée : l’eff ondrement du système occidental et de ses valeurs », nous confie un ancien collaborateur. Depuis les années 1990, on estime à 11 milliards de dollars les sommes investies par George Soros via OSF pour financer ses projets de subversion des États et des sociétés. Il finance le mouvement des Femen, les révolutions de “couleur”. En Ukraine, sous couvert de venir en aide au régime de Kiev pour que le pays échappe définitivement à l’influence de Moscou, George Soros s’active pour mettre la main sur Naftogaz, la société de gaz et d’énergie. Derrière les bons sentiments, il n’en oublie jamais ses intérêts et décline avec application les mêmes méthodes pour parvenir à ses fins, utilisant des militants utopiques, des idéalistes et des personnes adhérant à des associations, qui ignorent que ces dernières sont financées par ses soins, toujours de manière indirecte.


La France n’échappe pas à l’activisme sans frontières de George Soros. Le milliardaire met volontiers la main à la poche. En 2009, il finance une étude, menée par des chercheurs du CNRS, sur les contrôles au faciès, pour mieux dénoncer leur prétendue inutilité et la discrimination qu’ils induisent. Il dispose de nombreux relais en France. Parmi ses amis les plus zélés, l’avocat William Bourdon, qui assiste aujourd’hui des djihadistes qui veulent revenir en France pour y être jugés. Fondateur et président de Sherpa, une association qui milite officiellement pour venir en aide aux populations victimes de crises économiques, l’avocat bénéficie de l’aide généreuse d’OSF et du soutien de nombreuses associations satellites de la galaxie Soros.


C’est ainsi que William Bourdon est membre du comité de Paris de Human Rights Watch et administrateur de cette fondation que George Soros finance en surabondance. En 2010, celui-ci s’est engagé à hauteur de 100 millions de dollars sur dix ans pour cette ONG. En retour, la fondation abonde au budget opérationnel de… Sherpa en 2015 et 2016. Autre exemple ? William Bourdon est associé régulièrement aux actions de Global Witness, une ONG spécialisée officiellement dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles. Son objectif ? « Briser le lien entre exploitation des ressources naturelles, conflits, pauvreté, corruption et violation des droits de l’homme, partout dans le monde », selon sa signature. Une fois encore, on retrouve OSF parmi les contributeurs de l’ONG. Entre 2011 et 2016, Global Witness a reçu près de 15 millions d’euros d’OSF. À son conseil d’administration figure un certain Alexander Soros, fils du milliardaire, né en 1985, qui dispose déjà d’une fondation de charité à son nom, qui finance elle-même directement Global Witness. Étonnamment, l’ONG n’a jamais épinglé les activités de George Soros.


C’est que, dans la guerre secrète que mène George Soros pour asseoir son influence et faire prospérer ses actifs, il n’oublie jamais de se faire de précieux alliés. La guerre qu’il mène passe par l’information ou la désinformation. Aussi le réseau Open Society Foundations finance-t-il Reporters sans frontières et le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Ce sont eux qui sont à l’origine des révélations autour des prétendus Paradise Papers qui visaient notamment Bernard Arnault, le patron de LVMH.


Entre-temps, George Soros avait transformé Quantum, son mythique fonds d’investissement, longtemps installé aux Antilles néerlandaises, en un family office, une société d’investissement familial, qu’il utilise pour échapper à toute obligation de transparence…


Par Raphaël Stainville et Louis de Raguenel / Vendredi 11 mai 2018 à 08:00

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